Le nom de Capestang vient de l’étang qui borde le village. Creusé par l’érosion éolienne pendant la dernière période glaciaire et relié par la suite à un ancien golfe marin, il a attiré très tôt les populations. À proximité, l’oppidum d’Ensérune et la nécropole de Puisserguier témoignent d’un territoire de passage et de brassage depuis la protohistoire.
Après la conquête romaine (122 av. J.-C.), Capestang se situe entre les colonies de Narbonne et Béziers, traversé par la voie Domitienne. L’étang, ses salines et le commerce du vin favorisent un habitat dense et prospère, avec 45 sites archéologiques repérés, encore occupés aujourd’hui par de grands domaines viticoles.
Le village se regroupe sur une colline autour d’un castrum. L’église romane du XIe siècle, dotée de trois nefs, laisse présager la grandeur future de la collégiale gothique. La ville connaît une montée en puissance : consulat, collégiale, école, hôpital, communauté juive protégée par l’archevêque de Narbonne.
Au XIVe siècle, Capestang compte environ 4000 habitants et une nouvelle enceinte de 1500 m. Le chantier de la collégiale, confié à Jacques de Fauran, reste inachevé à cause de la guerre de Cent Ans et de la peste noire.
Malgré les catastrophes, le château conserve son prestige avec ses plafonds peints, symbole de la richesse de l’archevêché. La ville échappe aux guerres de religion, mais l’économie décline : salines abandonnées, population réduite, épidémies et crues successives.
La population remonte progressivement grâce au vin et au canal du Midi. La bourgeoisie locale profite de la vente des biens nationaux, et la viticulture devient dominante. Capestang connaît une croissance spectaculaire : 1185 habitants en 1800, plus de 4000 en 1900.
Le village participe activement aux révoltes viticoles (1907) et aux conflits syndicaux. La création de la cave coopérative en 1936 renforce l’économie locale et consolide l’ancrage à gauche de la commune. La mémoire de la Seconde Guerre mondiale, notamment du drame de Fontjun, reste vivace.
Le village s’adapte aux changements économiques et sociaux : le vignoble se modernise, la population croît grâce à l’arrivée de nouveaux habitants et au développement des quartiers pavillonnaires. Avec plus de 3500 habitants en 2025, Capestang conserve son identité et son patrimoine tout en s’ouvrant au monde contemporain.
Télécharger ci-dessous le texte complet. Auteur Paul Albert (professeur agrégé d'Histoire & Géographie)
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