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Immense merci André Amiel

par Jacques Chamayou

André Amiel s’est éteint à l’approche de ses 100 ans qu’il aurait eus au mois d’avril. Il était le dernier des 180 Capestanais, raflés et déportés en Allemagne le 9 juin 1944 consécutivement à la tragédie du col de Fontjun. Il était un personnage volubile et très attachant. Ses témoignages précis sur la rafle et sur son année passée dans une ferme en Westphalie du Nord nous ont été très précieux pour écrire « Ici et là-bas » puis « Capestang un village du Biterrois dans la guerre ».

 

Devenu viticulteur il s’était également fortement impliqué dans la vie sociale et associative du village. Soigneur de l’Avenir Sportif Capestanais dès la fin des années quarante, il a toujours été un supporter assidu du club. Mais il était aussi un homme de scène. Il faisait partie de la troupe guidée par Emile Bélet qui sous l’occupation nazie a joué par deux fois « l’Arlésienne », adaptée de l’oeuvre littéraire d’Alphonse Daudet et mis en musique par Bizet. Joseph Lejbowitz, raflé lui aussi le 9 juin puis séparé des autres capestanais pour être envoyé à Auschwitz  en était le régisseur. Musicien à l’Harmonie municipale au côté de son grand ami Joseph Not, comédien, chanteur, André évoluait indéniablement avec aisance pour conter des histoires. Il avait le don de saupoudrer de malice et d’humour ses nombreuses anecdotes rapportées de son séjour contraint en Allemagne. Il racontait avec une étonnante précision les épisodes vécues depuis le départ de sur la place Jean jaurès, l’enfermement durant trois jours à la caserne Du Guesclin de Béziers, le fastidieux et incertain déplacement en train …   Et du côté de l’Atelier H, nous avons bien profité pour écrire le scénario du spectacle « Fontjun 44 », du récit de ses incroyables moments vécus avec ses compagnons d’infortune, qu’il a gardés parfaitement en mémoire jusqu’à ses derniers jours. Immense merci André.